samedi 1 septembre 2012

Ainsi soit-elle !


Ce texte je l’ai écrit il y a déjà un nombre non négligeable de mois.
Je l’ai écrit pour Lui.
Juste pour Lui parce que… disons pour une raison personnelle.
Il n’en reste pas moins que ces mots sont de moi et qu’ils sont moi, qu’ils m’appartiennent à double titre.
Et comme …. je suis souvent celle qui sème ici et là sa prose, et bien, après l’avoir mis dans une sorte de purgatoire, de fourre tout sans intérêt, je le mets enfin ici, chez moi.


Une envie, celle de résumer un chemin de vie.
Le jeu de la vie, celui où… qui perd gagne !
Ne soyez pas choqués par certains de mes propos, de mes jugements. Ils n’engagent que moi. Moi qui aime les mots.


Je suis soumise, oui je le suis. Mais ce mot a presque autant de significations qu’il y a de personnes se disant soumises.
Jusqu’à peu je pensais que le monde féminin se résumait à deux catégories : les vanilles, et les soumises, les libertines entrant bien entendu dans la première catégorie.


Une remontée dans le temps, celui de l’enfance et de l’adolescence
Quand j’étais enfant nous étions tout une bande à jouer dans la campagne, à des jeux où mon instinct me poussait à être celle que l’on emprisonne…la prisonnière, jamais la guerrière.
Mon adolescence fut troublée par des envies étranges. Je me souviens de ma chambre dans laquelle donnait un grenier qui me faisait très peur ; peur du noir, de l’inconnu. Et pourtant, combien de nuits ne me suis je pas réveillée, brulante de désir. Tellement consumée par ce feu que je me levais nue et me réfugiais dans ce grenier dans l’espoir d’y trouver … celui qui m’enlèverait et me punirait de mes pensées indécentes, et me ferait subir les derniers outrages.

Adulte… si peu
J’ai été élevée d’une façon protégée et rigide. D’une manière très asexuée. On ne parlait pas de ces choses là dans les milieux bourgeois il y a plusieurs dizaine d’années.
Alors j’ai commencé ma vie sexuelle avec un côté très oie blanche.
Je me suis empressée de perdre rapidement ce côté innocent, mon sang bouillonnait trop fort pour résister à la tentation, à l’appel du sexe, des hommes.
Je me suis perdue dans des couches douces, parfois amoureuses. Je ne comprenais pas, vraiment pas.. J’étais consumée par le désir et toujours insatisfaite ou presque. J’ai appris que j’aimais les pénétrations, mais aussi et surtout à simuler. Et puis est venu le temps des plaisirs solitaires. Je me pensais frigide ou presque.

Adulte… un peu plus
Un jour, une chose au demeurant pas très originale est arrivée. Je suis tombée sur un livre, sur le livre, sur Histoire d’O.
Et là j’ai découvert un univers entrant en résonnance avec mon esprit et mon corps.
J’ai fantasmé encore et toujours sur elle, sur « O », et surtout sur Sir Stephen. Pas sur René, trop victime, trop simple joueur.
Roissy me semblait un jardin d’Eden, un absolu, le Graal à atteindre.
Puis, grâce à un minitel, j’ai découvert l’univers bdsm.
Mais je suis une éternelle rebelle, une provocatrice, un esprit libre, une femme libérée.
Mon chemin a toujours été ni dieu ni maitre.
Alors j’ai erré. Je me suis perdue dans des histoires avec des dominateurs. Ces hommes je ne leur livrais que mon corps. La rebelle se faisait un malin plaisir à jouer avec eux. Elle se posait comme une proie, se laissait approcher, séduire. Elle testait, cajolait puis invariablement se trouvait plus forte que ces imbéciles et… passait au suivant.

Je ne peux respecter un esprit plus faible que le mien.
Les rares fois que mon chemin a croisé celui d’un homme qui aurait pu se montrer plus fort que moi… je me suis sauvée. Incapable de m’assumer.
J’ai continué longtemps ainsi. Parfois je croisais le chemin de certains qui me disaient soumise et pas maso, parfois celui d’autres qui me disait maso et pas soumise.
Je pensais que la douleur et l’humiliation étaient nécessaires à mon plaisir. Qu’elles étaient un passage obligé pour m’apaiser physiquement et me faire lâcher prise.
Ces longues années d’errance m’ont fait rencontrer beaucoup d’hommes, un joli panel de dominateurs ou de maitres. Et je peux affirmer… qu’ils ont tous, ou presque, un point commun. La plupart ont choisit cette voie, celle pavée de punitions, de douleur et d’humiliations et de très peu de sexe, pour compenser…. la taille et la vigueur de ce qu’ils ont entre les jambes.
On ne peut pas dire que la puissance sexuelle soit la marque de reconnaissance de l’univers bdsm..

Une erreur somme toute instructive
Il y a .. disons un certain temps, j’ai rencontré un homme se disant un Maitre. Il ne s’intéressait pas à la femme, était presque impuissant et ne m’a d’ailleurs jamais fait jouir.
Avant lui j’étais fascinée par le monde des cercles bdsm. Je mourais d’envie de le connaitre Jusque là mes nombreuses rencontres avaient été celles d’hommes solitaires, hors communauté.
Le monde des soumises portant collier, signant un contrat, baptisées d’un nom par leur Maitre, le monde où ces mêmes Maitres tutoient et exigent le vouvoiement, un monde de séances et bien ce monde m’attirait.
Un de mes péchés, une attirance pour les groupes, les marques de reconnaissance… le clinquant en somme.
Lui il se disait Maitre, issu d’un cercle, alors j’ai sauté sur l’occasion. Je suis aussi coupable que lui. Nous nous sommes servis l’un de l’autre.
Avec lui digne représentant de l’univers des petits maitres, j’ai découvert, et je le remercie pour ça, que ce monde est factice, vide, sans intérêt. Que ce n’est qu’un jeu frustrant et parfois ridicule. Plus grave, c’est un monde souvent sans respect pour la femme qu’il y a derrière chaque soumise.
Mais ce monde je le juge comme tel peut être juste parce que je suis autre chose, pas une soumise pour le jeu.
Jeu où là encore j’étais celle qui menait. Alors cette histoire c’est fort heureusement très rapidement perdue dans un cul de sac


Que Votre volonté soit faite
Et puis il y a eu LA rencontre.
Il était dans l’ombre depuis longtemps, attendant son heure.
Lui, il m’a fait… me taire… un exploit.
A vu en moi ce que je suis, une soumise par nature.
Il m’a séduite, apprivoisée.
Puis il a refermé sa main sur moi.
Il m’a appris qu’il n’y a pas besoin de collier, pas de contrat.
Que le respect et la confiance tiennent lieu de limite et de safe word.
Que le mot Maitre ne veut rien dire. Lui il étaot un dominant.
Un qui est c’est tout, qui ne joue pas.
Il pensait qu’un dominant et sa soumise sont deux parties d’un tout, complémentaires.
Nous nous sommes toujours vouvoyés.
Etre sa soumise c’était le respecter 24h/24h.
C’était considérer que le mot non n’existait pas.
Qu’une punition n’est pas là pour faire plaisir. Elle doit être une leçon pour faire avancer ou une sanction pour comprendre.
Que l’humiliation est à bannir.
Qu’il n’y a pas de différence entre l’homme et le dominant, ils sont un, ils sont l’Homme.
Qu’il n’y a pas de différence entre la femme et la soumise, elles sont une, elles sont la femme.
Et que seul l’amour partagé fait qu’une telle relation peut exister.

La première leçon qu’il m’avait donné c’est que je n’ai pas besoin de douleur et surtout pas d’humiliation pour jouir.
Et comme il ne dominait pas pour compenser une quelconque défaillance, mais juste parce que c’est sa nature et bien… il était très très sexuel.


Je savais qu’un seul mot de Lui m’aurait fait le suivre  au bout du monde.
J’étais enfin en paix avec moi-même, UNE pour la première fois de ma vie.
Même si son absence, son silence étaient des tortures insupportables.
Je ne pouvais vivre sans respirer le même air que Lui.
La vie était grise, triste sans Lui, loin de Lui
Mes yeux était constamment embués de larmes, mon cœur saignait quand il n’était plus là, quand je le pensais, le savais perdu dans un autre cœur.
Je l’aimais
Je l’aimais comme une soumise. Avec mon corps, mon cœur, mon esprit, mon âme.
Une partie de moi restera en quelque sorte à jamais sa soumise.
Il en sera ainsi jusqu’à la fin de cette vie. Et très certainement… dans la , dans les, prochaines aussi..

« Petite » conclusion
Je sais maintenant qu’en plus des vanilles et des soumises à séance, celles qui appartiennent à des maitres, il y a celles, très rares, qui le sont par nature.
Et aussi pourquoi Sir Stephen m’attirait tant.
Mon univers est D/s, et je me sens plus esclave que soumise…
Se soumettre c’est la vie, c’est vivre, pas un jeu.


« Au Purgatoire » mon texte se terminait par un message personnel.
Ce message n’a plus lieu d’être, mais comme parfois j’ai une certaine arrogance au sujet de la valeur de mes mots et bien …. Voilà !

 "Vous, Vous seriez le diable en personne pour une féministe.
Vous ne pouvez qu’être l’enfer sur terre pour une vanille.
Pour moi Vous êtes le Paradis.
Avec un immense respect je suis Votre.
Une vraie femme, là offerte en attente.
La première qualité d’une soumise est la patience, une infinie patience."

D’un autre côté ce message personnel est… il est ce que je pourrais, ce que je voudrais écrire de nouveau, sur un autre chemin !

Natacha La Sienne – 1 Septembre 2012