Ce texte je l’ai écrit il y a déjà un nombre non négligeable de mois.
Je l’ai écrit pour Lui.
Juste pour Lui parce que… disons pour une raison personnelle.
Il n’en reste pas moins que ces mots sont de moi et qu’ils sont
moi, qu’ils m’appartiennent à double titre.
Et comme …. je suis souvent celle qui sème ici et là sa prose, et
bien, après l’avoir mis dans une sorte de purgatoire, de fourre tout sans
intérêt, je le mets enfin ici, chez moi.
Une envie, celle
de résumer un chemin de vie.
Le jeu de la vie,
celui où… qui perd gagne !
Ne soyez pas
choqués par certains de mes propos, de mes jugements. Ils n’engagent que moi.
Moi qui aime les mots.
Je suis soumise,
oui je le suis. Mais ce mot a presque autant de significations qu’il y a de
personnes se disant soumises.
Jusqu’à peu je
pensais que le monde féminin se résumait à deux catégories : les vanilles,
et les soumises, les libertines entrant bien entendu dans la première
catégorie.
Une remontée dans le temps, celui de l’enfance et de l’adolescence
Quand j’étais
enfant nous étions tout une bande à jouer dans la campagne, à des jeux où mon
instinct me poussait à être celle que l’on emprisonne…la prisonnière, jamais la
guerrière.
Mon adolescence
fut troublée par des envies étranges. Je me souviens de ma chambre dans
laquelle donnait un grenier qui me faisait très peur ; peur du noir, de
l’inconnu. Et pourtant, combien de nuits ne me suis je pas réveillée, brulante
de désir. Tellement consumée par ce feu que je me levais nue et me réfugiais
dans ce grenier dans l’espoir d’y trouver … celui qui m’enlèverait et me punirait
de mes pensées indécentes, et me ferait subir les derniers outrages.
Adulte… si peu
J’ai été élevée
d’une façon protégée et rigide. D’une manière très asexuée. On ne parlait pas
de ces choses là dans les milieux bourgeois il y a plusieurs dizaine d’années.
Alors j’ai
commencé ma vie sexuelle avec un côté très oie blanche.
Je me suis
empressée de perdre rapidement ce côté innocent, mon sang bouillonnait trop
fort pour résister à la tentation, à l’appel du sexe, des hommes.
Je me suis perdue
dans des couches douces, parfois amoureuses. Je ne comprenais pas, vraiment
pas.. J’étais consumée par le désir et toujours insatisfaite ou presque. J’ai
appris que j’aimais les pénétrations, mais aussi et surtout à simuler. Et puis
est venu le temps des plaisirs solitaires. Je me pensais frigide ou presque.
Adulte… un peu
plus
Un jour, une
chose au demeurant pas très originale est arrivée. Je suis tombée sur un livre,
sur le livre, sur Histoire d’O.
Et là j’ai
découvert un univers entrant en résonnance avec mon esprit et mon corps.
J’ai fantasmé
encore et toujours sur elle, sur « O », et surtout sur Sir Stephen.
Pas sur René, trop victime, trop simple joueur.
Roissy me
semblait un jardin d’Eden, un absolu, le Graal à atteindre.
Puis, grâce à un
minitel, j’ai découvert l’univers bdsm.
Mais je suis une
éternelle rebelle, une provocatrice, un esprit libre, une femme libérée.
Mon chemin a
toujours été ni dieu ni maitre.
Alors j’ai erré.
Je me suis perdue dans des histoires avec des dominateurs. Ces hommes je ne
leur livrais que mon corps. La rebelle se faisait un malin plaisir à jouer avec
eux. Elle se posait comme une proie, se laissait approcher, séduire. Elle
testait, cajolait puis invariablement se trouvait plus forte que ces imbéciles
et… passait au suivant.
Je ne peux
respecter un esprit plus faible que le mien.
Les rares fois que
mon chemin a croisé celui d’un homme qui aurait pu se montrer plus fort que
moi… je me suis sauvée. Incapable de m’assumer.
J’ai continué
longtemps ainsi. Parfois je croisais le chemin de certains qui me disaient
soumise et pas maso, parfois celui d’autres qui me disait maso et pas soumise.
Je pensais que la
douleur et l’humiliation étaient nécessaires à mon plaisir. Qu’elles étaient un
passage obligé pour m’apaiser physiquement et me faire lâcher prise.
Ces longues
années d’errance m’ont fait rencontrer beaucoup d’hommes, un joli panel de
dominateurs ou de maitres. Et je peux affirmer… qu’ils ont tous, ou presque, un
point commun. La plupart ont choisit cette voie, celle pavée de punitions, de
douleur et d’humiliations et de très peu de sexe, pour compenser…. la taille et
la vigueur de ce qu’ils ont entre les jambes.
On ne peut pas
dire que la puissance sexuelle soit la marque de reconnaissance de l’univers
bdsm..
Une erreur somme
toute instructive
Il y a .. disons un
certain temps, j’ai rencontré un homme se disant un Maitre. Il ne s’intéressait
pas à la femme, était presque impuissant et ne m’a d’ailleurs jamais fait
jouir.
Avant lui j’étais
fascinée par le monde des cercles bdsm. Je mourais d’envie de le connaitre
Jusque là mes nombreuses rencontres avaient été celles d’hommes solitaires,
hors communauté.
Le monde des
soumises portant collier, signant un contrat, baptisées d’un nom par leur
Maitre, le monde où ces mêmes Maitres tutoient et exigent le vouvoiement, un
monde de séances et bien ce monde m’attirait.
Un de mes péchés,
une attirance pour les groupes, les marques de reconnaissance… le clinquant en
somme.
Lui il se disait
Maitre, issu d’un cercle, alors j’ai sauté sur l’occasion. Je suis aussi
coupable que lui. Nous nous sommes servis l’un de l’autre.
Avec lui digne
représentant de l’univers des petits maitres, j’ai découvert, et je le remercie
pour ça, que ce monde est factice, vide, sans intérêt. Que ce n’est qu’un jeu
frustrant et parfois ridicule. Plus grave, c’est un monde souvent sans respect
pour la femme qu’il y a derrière chaque soumise.
Mais ce monde je
le juge comme tel peut être juste parce que je suis autre chose, pas une
soumise pour le jeu.
Jeu où là encore j’étais celle
qui menait. Alors cette histoire c’est fort heureusement très rapidement perdue
dans un cul de sac
Que Votre volonté
soit faite
Et puis il y a eu
LA rencontre.
Il était dans
l’ombre depuis longtemps, attendant son heure.
Lui, il m’a fait…
me taire… un exploit.
A vu en moi ce
que je suis, une soumise par nature.
Il m’a séduite, apprivoisée.
Puis il a refermé
sa main sur moi.
Il m’a appris
qu’il n’y a pas besoin de collier, pas de contrat.
Que le respect et
la confiance tiennent lieu de limite et de safe word.
Que le mot Maitre
ne veut rien dire. Lui il étaot un dominant.
Un qui est c’est
tout, qui ne joue pas.
Il pensait qu’un
dominant et sa soumise sont deux parties d’un tout, complémentaires.
Nous nous sommes
toujours vouvoyés.
Etre sa soumise c’était
le respecter 24h/24h.
C’était considérer
que le mot non n’existait pas.
Qu’une punition
n’est pas là pour faire plaisir. Elle doit être une leçon pour faire avancer ou
une sanction pour comprendre.
Que l’humiliation
est à bannir.
Qu’il n’y a pas
de différence entre l’homme et le dominant, ils sont un, ils sont l’Homme.
Qu’il n’y a pas
de différence entre la femme et la soumise, elles sont une, elles sont la
femme.
Et que seul
l’amour partagé fait qu’une telle relation peut exister.
La première leçon
qu’il m’avait donné c’est que je n’ai pas besoin de douleur et surtout pas
d’humiliation pour jouir.
Et comme il ne
dominait pas pour compenser une quelconque défaillance, mais juste parce que
c’est sa nature et bien… il était très très sexuel.
Je savais qu’un
seul mot de Lui m’aurait fait le suivre au bout du monde.
J’étais enfin en
paix avec moi-même, UNE pour la première fois de ma vie.
Même si son
absence, son silence étaient des tortures insupportables.
Je ne pouvais
vivre sans respirer le même air que Lui.
La vie était
grise, triste sans Lui, loin de Lui
Mes yeux était constamment
embués de larmes, mon cœur saignait quand il n’était plus là, quand je le pensais,
le savais perdu dans un autre cœur.
Je l’aimais
Je l’aimais comme
une soumise. Avec mon corps, mon cœur, mon esprit, mon âme.
Une partie de moi
restera en quelque sorte à jamais sa soumise.
Il en sera ainsi
jusqu’à la fin de cette vie. Et très certainement… dans la , dans les, prochaines
aussi..
« Petite »
conclusion
Je sais
maintenant qu’en plus des vanilles et des soumises à séance, celles qui
appartiennent à des maitres, il y a celles, très rares, qui le sont par nature.
Et aussi pourquoi
Sir Stephen m’attirait tant.
Mon univers est
D/s, et je me sens plus esclave que soumise…
Se soumettre
c’est la vie, c’est vivre, pas un jeu.
« Au
Purgatoire » mon texte se terminait par un message personnel.
Ce message n’a
plus lieu d’être, mais comme parfois j’ai une certaine arrogance au sujet de la
valeur de mes mots et bien …. Voilà !
"Vous, Vous seriez
le diable en personne pour une féministe.
Vous ne pouvez
qu’être l’enfer sur terre pour une vanille.
Pour moi Vous
êtes le Paradis.
Avec un immense
respect je suis Votre.
Une vraie femme,
là offerte en attente.
La première
qualité d’une soumise est la patience, une infinie patience."
D’un autre côté
ce message personnel est… il est ce que je pourrais, ce que je voudrais écrire
de nouveau, sur un autre chemin !
Natacha La Sienne – 1 Septembre 2012











