Rêve ou réalité I



Elle est là, de nouveau, elle la Libertine, la Sorcière, la vraie Femme.
Elle est là, de nouveau dans cette chambre, dans son royaume.
Ce décor lui convient.
Il convient parfaitement à ce qu’elle est.
Il est bientôt minuit. Elle est couchée nue, dans la pénombre.



Elle est allongée sur son lit, ne pouvant trouver le sommeil.
Elle se sent seule, délaissée.
Il est devenu bien silencieux.
Son esprit se languit de son Maitre.
Son cœur se languit de son Amant.
Son âme se languit de celui qui la possède.
Son corps se languit de ses mains, de sa queue.
Elle n’est que manque au singulier ou au pluriel.

Le feu qui brûle entre ses cuisses elle a cherché à l’apaiser.
Ses mains sont venues effleurer doucement ses seins.
Ses doigts sont venus se perdre sur son sexe.
Ils l’ont caressé doucement.
Ils en ont goutté l’entrée déjà entrouverte, humide.
Une de ses mains est revenue vers un de ses seins pour en pincer fortement le bout.
Douleur bienvenue. Sensation différente.
Douleur et plaisir mélangés.
Ses doigts ont plongé avidement dans son sexe.
Puis elle a saisit l’objet posé à côté d’elle.
Ce bel objet en verre, parfois si froid, parfois si chaud.
Ce bel objet, cadeau de celui qui la possède elle.

Elle s’en est pénétrée, cherchant, avec frénésie, à trouver cette sensation de possession, mais seul Lui peut la lui donner.
Cherchant, cet endroit magique qui la rend folle, qui fait jaillir son plaisir en fontaine, mais seul Lui peut le trouver.
Alors, elle a abandonné le bel objet au bord du lit.
Elle a cherché à s’abandonner.
Ses doigts ont trouvé son clito et ont décidé de s’y attarder.
Elle s’est caressée, l’a caressé d’abord doucement, puis avec urgence, une sorte de désespérance.
Quand le plaisir est venu, il était fort, il l’a fait crier.
C’est son nom à Lui qu’elle a crié, ce plaisir solitaire la ramène invariablement vers Lui.
Ce plaisir ne l’a pas apaisée. Bien au contraire, il a fait renaitre encore plus fort son désir.

Un désir de Lui. C’est sa queue qu’elle désire, là au plus profond d’elle. Une possession.
Alors elle est là sur ce lit.
Son corps et son esprit sont à la dérive, obsédés par le désir.
Obsédés par le désir de Lui.
Le sommeil, comme Lui, se refuse à elle, semblant devenir une pure chimère.
Alors elle se lève.
Peut être pour lire, peut être pour écrire, pour entrer dans un autre univers, sortir de celui qui ce soir, comme souvent depuis quelques semaines, rime avec frustration.
Elle passe devant le miroir s’arrête, se regarde, regarde ses yeux aux pupilles dilatées par le désir.
Ce miroir l’attire irrésistiblement comme toujours quand elle se sent seule, abandonnée.
Et puis elle est une rêveuse, un miroir est un objet parfait pour elle.
Elle décide de le déplacer, là, devant la méridienne qu’elle aime tant.
Elle s’y installe confortablement.
Son esprit divague quelques instants.
Elle pense à Lui.
Elle se regarde.
Son esprit semble flotter, attiré, comme aimanté, par…ce monde de l’autre côté du miroir.
Et elle plonge dans cette autre réalité. Dans le monde des rêves.

Et …..