Une première fois.
Non La première fois.
La seule en vérité qui compte.
Celle de ma première rencontre avec Lui, avec Vous.
Celle d’une première mise à nue.
Celle d’une première fois multiple en quelque sorte.
Nous avions rendez vous une après midi d’été chaude et ensoleillée, place Masséna.
Cette première rencontre était, enfin, un saut dans la réalité.
Jusque là nous avions fait connaissance…
Vécu de longs préludes amoureux…
Des préludes épistolaires.
Des préludes….. facebookiens !
Moi j’arrivais, emplie de trac, pour rencontrer celui à qui mon esprit appartenait déjà.
Je pensais arriver là pour m’offrir telle une page blanche, pour écrire le premier chapitre de notre histoire.
Il avait eu des discussions, des échanges.
Il y avait aussi eu une punition pour m’être montrée très irrespectueuse.
Le verdict avait été.. silence…je hais Votre silence.
Il y en avait aussi eu une autre, pour avoir interprété à ma façon une de Vos demandes…
Et cette punition, une histoire de photos, je ne l’avais effectuée qu’à moitié.
J’arrivais avec ces doutes, mes doutes, pensant que je pourrais ne pas Vous plaire.
Vous, Vous arriviez sure de Vous, arrogant à Votre habitude… j’aime Votre arrogance..
Certain d’avoir fait le bon choix.
Vous m’aviez convoitée, désirée, chassée, séduite, depuis si longtemps.
Avec la certitude que Vous, le dominant par nature, alliez Vous trouver face à une de ces rares soumises par nature… moi.
Une que Vous vouliez modeler, dresser pour être parfaite.
Vos premiers mots ont été pour me faire remarquer que j’étais en retard et que j’aurais méritée…. D’être renvoyée chez moi jusqu’au lendemain… comme une bienvenue dans Votre monde …
Puis Vous avez voulu voir mes yeux cachés, bien cachés derrière mes lunettes… il avait bon dos le soleil…
Les Vôtres étaient et sont beaux, clairs, bleus et or, séduisants, troublants, pénétrants.
Puis Vous avez touché mon bras, ma peau, pour être certain qu’elle parlait à la Votre.
Après quelques minutes une question,.
Une simple question.
Et pourtant une question d’importance.
Vous vouliez « juste » savoir si j’allais Vous suivre…
Vous suivre ces 4 jours.
J’étais déjà perdue, conquise, victime consentante….
Que pouvais-je répondre.
J’étais en face de Vous, de celui avec lequel mon corps et mon esprit entraient en résonnance
De fil en aiguille, d’un endroit à l’autre, nous avons discuté, fait connaissance.
Au détour de mots, je ne sais plus lesquels, vous m’avez fait rougir… ça c’est presque une première fois !
Puis nos pas nous ont conduits… là où nous étions destinés à aller depuis….depuis en quelques sorte le jour où je suis née.
Arrivés dans cette chambre, après quelques minutes, de très courtes minutes, Vous Vous êtes installé sur le lit, semi couché, puis m’avez regardée, observée.
Et là, de simples mots, des mots attendus et craints.
Une petite phrase…
Déshabillez-vous.
Moi, un instant de panique.
Cette lumière, ce grand soleil.
D’un seul coup la réalité… vraie..
Assumer, m’assumer.
J’ai regardé ailleurs en commençant à enlever la ceinture de ma robe, puis ma robe.
Vous m’avez ordonné.
Non Vous m’avez demandé, Vous n’ordonnez jamais.
Vous m’avez demandé de Vous regarder dans les yeux.
De continuer à me déshabiller mon regard plongé dans le Votre.
Une mise à nue, une vraie, celle du corps et de l’esprit.
Une reddition, une acceptance.
Me regarder, accepter mon statut de femme soumise, de Chienne.
Reconnaitre que je suis là pour ça.
Là pour Vous appartenir.
Là pour me faire baiser.
Là pour être Votre Salope.
Pas là pour être humiliée.
Ce n’est pas Votre chemin.
Une fois nue Vous m’avez regardée.
Vous avez scrutée chaque parcelle de mon corps.
Et encore et toujours ce regard dans le mien.
Vous m’avez demandé de me retourner.
Je me souviens m’être appuyée au mur.
Je me souviens de ce trouble qui m’envahissait.
Puis de nouveau Vos mots… « Tournez Vous face à moi ».
Vous Vous êtes assis sur le bord du lit, Vous vouliez que je m’approche, que je me tienne devant Vous, les cuisses écartées, ouvertes.
Je savais avec certitude que mon sexe était déjà dégoulinant, ouvert à l’idée de Vos mains, de Votre queue.
Vos doigts se sont faits caressants sur mes seins, sur mon ventre.
Ils se sont approchés de mon sexe.
J’aime les pénétrations et Vous le saviez.
Ces doigts se sont fait légers, joueurs, provocateurs.
Ils m’ont rendu folle de désir…Vous le cherchiez, en aviez la certitude… celle de Votre pouvoir.
Dans un murmure.. je n’osais pas encore réclamer à haute voix.
Dans un murmure je vous ai demandé, supplié… je ne sais plus de quoi.
Les mots n’avaient pas d’importance.
Vos doigts enfin à l’entrée de mon sexe. Vos doigts y gouttant l’humidité, Vos doigts, enfin, me pénétrant…
Une délivrance d’un instant, juste un instant.
Et puis ce feu qui brûle encore plus fort. Ce désir comme jamais auparavant.
Vous m’avez faite m’allonger.
Ces doigts ont joué à me branler, à faire monter encore plus le désir, jusqu’à me consumer.
Jusqu’à me mener là où seuls le désir et l’indécence existent.
Et puis soudainement je Vous ai entendu dire quelque chose.
Des mots que mon esprit perdu dans le plaisir, le désir, n’a pas compris.
Vous les avez répétés. Vous parliez de photo…
Vos mains ont quitté mon corps.
Vous m’avez embrassé sur la joue.
Vous vous êtes relevé.
Et Vous…. m’avez demandé de …
M’avez demandé de me rhabiller pour aller diner….
Comme une bienvenue dans le monde de Tristan.
Celui où l’absolution sans punition n’existe pas.
J’ai eu du mal à retrouvé mes esprits.
Ce désir inassouvi m’a accompagné longtemps…
Mon corps Vous appartenait.
Ne restait que le cœur.
24 heures supplémentaires ont suffit….mais c’est une autre histoire..





